Alors, il est temps de partir: 5h45. Ubud
Dans mon imaginaire, j'ai installé Claude sur mon porte bagage en amazone comme les indonésiennes
... et le voyage continue.
La première étape va être dure, je l'appréhende car la veille nous sommes montés voir le temple de Bedugul en voiture.
Je suivrai un autre chemin avec l'appli Komoot.
Petites routes souvent plus difficiles mais avec beaucoup moins de circulation et des paysages plus sauvages.
Je n'ai pas été déçu: 1420 m de dénivelé positif.
En Indonésie, même sans chercher les défis , on affiche des records.
Le plus difficile reste les traversées de ces innombrables "rios", profonds et extrêmement pentus. On les descend freins serrés et après... on pousse.
Cela rajoute du dénivelé, un effort usant.
J'arriverai à Bedugul bien fatigué.
Les 10 derniers kilomètres je pensais être dans le Périgord: 16,18,20,22 %
A la nuit tombante, je visiterai une deuxième fois son magnifique temple.
Je goûterai un fruit délicieux dont j'ai oublié le nom.
L'intérieur est blanc comme de la neige avec un noyau comme le litchi: pouvez vous m'aider ?
2ème étape: j'ai eu froid pendant la nuit (1260m), une fringale m'a réveillé.
Au matin, mes muscles hurlent et la route continue de monter.
Je ne vais pas me plaindre car 1500 de descente se profile.
J'ai décidé de faire un stop aux premières cascades de Munduk. Un couple me propose de mettre mon vélo à l'abri chez eux.
Le temps est franchement maussade. A peine rentré sur le site, je me trouve confronté à un dédale de petits chemins pentus, très étroits, glissants, avec des marches taillées dans la terre. Peut être un guide aurait été utile. L'humidité est poisseuse, la végétation dense, j'essaie de jouer au petit Poucet mais très rapidement seul le fracas des cascades me permettent de me diriger.
Il n'y a absolument personne, il est 9h30, la pluie s'annonce et je suis en pleine jungle. Passer d'une cascade à l'autre est sportif. Je ris jaune en jouant les Robinsons. C'est beau, sauvage...
pourtant de nul part sortent deux hommes qui travaillent à l'entretien des chemins. La belle affaire. Tache titanesque. Ils m'indiquent une petite fontaine au loin, bien sombre
Je les suis un temps par sécurité, arrive sur une maisonnette au milieu de nulle part. Linge qui sèche qu'une jeune femme s'empresse de décrocher car la pluie s'en mêle. Comment peut-on vivre dans un lieu aussi reculé ?
Je suis perdu et tournerai un bon moment avant de retrouver mon chemin grâce à cet arbre que j'avais pris en photo
A mon retour les gardiens de mon vélo me proposeront un café avec des beignets chauds à la banane. Cette fois il pleut a seau, ils me proposent d'attendre chez eux car ici les pluies tropicales sont passagères.
Ils auront la gentillesse de me suggérer une homestay à Seririt dans leur famille.
Tout va "biene".
Le troisième jour se déroulera sans problème jusqu'à Java. 72 km, avec
une succession de petits plaisirs balinais !!