Bien que 1000 km ont été parcourus et 10000 mètres de dénivelé avalé, notre quotidien ne se limite pas à pédaler.
Être cyclo randonneur, c'est surtout le plaisir d'être dehors et de sentir le temps qui passe.
Être des heures en chemin est proche d'une pensée méditative.
On attrape l'instant, on se déplace avec. Tout comme un surfeur se déplace avec la vague.
La liberté est de poser pied à terre en une seconde, faire une photo, échanger un sourire, dire bonjour, boire, regarder, sentir.
Et comme on ne voit pas toujours les mêmes choses avec Claude, nos impressions se croisent et nous échangeons.
Claude a projeté à travers la lecture des guides des points incontournables à visiter, ainsi qu'une foule d'informations, et nous avons prévu un itinéraire. Cependant chaque jour sur le terrain tout est à reprendre en compte pour prévoir la balade: dénivelé, kilomètres, météo, fatigue ou tout simplement l'envie de pédaler.
Il faut donc tenir l'intendance.
Claude fait un minutieux résumé quotidien de l'étape à la "Sylvain Tesson".
De mon côté, je malmène le GPS, le téléphone, les cartes, les applis et les informations recueillies sur place afin de trouver la meilleure solution pour dormir. Nous sommes en Indonésie 👀
Rien n'étant plus approximatif qu'une carte dématérialisée, il faut toujours avoir plusieurs choix. Vive les algorithmes....
Nos temps de repos sont très importants.
Les temps de lecture aussi. Claude la littérature, moi les journaux. Et puis un peu d'anglais aussi.
On vieillit, il fait très chaud également, une bonne récupération est synonyme de longévité dans le voyage.
L'hygiène aussi. Corporelle, vestimentaire, il faut prendre le temps.
Si trouver à manger en Indonésie n'est pas franchement difficile, savoir ce que l'on va manger relève de l'inconnu. Un indonésien ne dit jamais non car il veut toujours faire plaisir. Il ne comprend pas mais répond systématiquement: yes. Les quiproquos sont frequents. Parfois on attend longuement... pour rien. Mais vu les efforts fournis, il faut absolument manger.
Alors on s'adapte. Parfois c'est délicieux, simplement bon ou purement alimentaire. Tout comme nos guesthouses, homestay et ce qui porte fièrement le nom hôtel.
Les fruits curieusement ne sont pas quotidiens. Si on trouve des mandarines alors on mange des mandarines ou des petites bananes délicieuses, de l'ananas mais parfois, rien pendant plusieurs jours et on a rarement le choix.
Il faut aussi gérer l'argent avec attention. Ici tout ce règle en liquide, pas de CB. Un million de roupies représentant 50 euros, il ne faut pas se perdre dans les conversions. Heureusement les ATM sont fréquents mais c'est compliqué. Comme je n'y comprends rien, je fais comme au Monopoly. Les billets rouges, les billets bleus....
On a remplacé nos chers expressos par du thé. Chaud ou glacé et parfois trop sucré.
J'ai été jusqu'à acheter des chips pour avoir le goût du sel....le chocolat on oublie.
Et puis il y a le temps du blog. Pour vous bien sûr !!
Mais c'est également notre fil d'Ariane car les étapes, les lieux visités, les rencontres, les anecdotes s'empilent comme des assiettes.
Comme on avance au long cours, tel un navigateur il faut garder le cap et ne pas se retourner.
Le temps de la décantation viendra plus tard autour d'un bon repas, avec vous qui nous suivez ? Pourquoi pas.
Plusieurs amis nous ont dit être étonnés par le temps de notre voyage.
Trois mois pourtant c'est court, pour que le regard s'imprègne, que les odeurs deviennent familières, que l'on mette de côté nos codes occidentaux et appréhender l'autre.
Bien sûr maintenant on est à la retraite mais cela ne nous a jamais empêché de partir.
Bref une vie que l'on aime !!

