Le Rinjani nous demandera une journée de préparation (avec la visite des cascades à Seranu) , trois jours de trek, une journée de récupération et de nettoyage.
Jeudi 9 octobre: Sembalun jusqu'au bord du cratère, camp 1.
11 km , 1600 de dénivelé positif.
A sept heures nous rencontrons le guide et nos deux jeunes porteurs ainsi que le couple de jeunes chinois qui feront partie du team.
Nous embarquons à l'arrière d'un truck avec les paniers des porteurs. Nous ferons un petit arrêt "check up santé" puis nous irons à Sembalun pour montrer nos passeports et se faire enregistrer.
9h20 nous partons de 1025 m pour une longue ascension.
La vue sur le Rinjani est magnifique, le cône est visible ainsi que le sommet. Il fait 30 °.
Le terrain est agréable aux pieds, une terre sablonneuse. Nos deux porteurs marchent en tongues avec 30 kg chacun reparti sur une barre en bois qu'ils portent sur une épaule ou l'autre au gré de la pente. On est sidérés et on le sera tout du long. Incroyable !!
Le poste 2, après 500m de dénivelé, est à côté d'une source, ils nous prépareront un délicieux repas chaud. Étonnant...
Des petits singes sont là, guettant les restes de nourriture.
Le couple de chinois commence à montrer leur faiblesse qui sera une source de désagrément pour nous: attendre et arriver les derniers aux camps. Dès le premier jour nous marcherons seuls car Tino notre guide comprend que ce sera ingérable et qu'il nous fait confiance.
Poste 3.
La terre sablonneuse est difficile dans les pentes marquées, les chaussures n'accrochent pas, on recule. Les bâtons nous aident. Nous traversons un fort épisode brumeux et la température chute.
Quand on voit les porteurs en tongues nous doubler, c'est la sidération.
Poste 4.
Tino nous permet de suivre un autre groupe.
La dernière partie devient très pentue car nous approchons du bord du cratère. L'accroche est de pire en pire, le Rinjani est dans les nuages puis se découvre: le spectacle est fascinant. Les pentes sont herbeuses, d'un vert mousse, sec et jauni.
Nous arriverons à 15h30 au camp à 2636m heureux et en forme.
Nous ferons l'erreur de ne pas nous couvrir n'imaginant pas que nous devrions les attendre 1 heure.
Notre camp est posé au bord du chemin et du cratère, sous le vent, mais un thé chaud et des beignets de bananes nous réconfortent.
Il n'y a pas d'eau pour se laver, juste un gant mouillé pour enlever la poussière. La nuit tombe vite, le froid avec. Une soupe de légumes au lait de coco avec du riz nous est apportée dans notre petite tente.
Vendredi 10 octobre. 1050 mètres positif et négatif.
Réveil à 1h du mat'.
Un thé chaud et quelques biscuits, il est deux heures je pars avec le guide et Ma le chinois qui s'est décidé.
Claude a renoncé, elle n'aime pas les chemins de crête.
Il fait très froid, la température descendra à 2 degrés. Je n'ai pas de gants et très vite l'onglée me prend. Un fort vent balaye le chemin incroyablement pentu. Dans la nuit, les pas sont incertains car les scories jouent au tapis roulant. Je perds contact avec mon guide et le chinois a renoncé.
Au sommet nous serons une trentaine à admirer le lever du soleil. 5h45. Magique !!
Retour au camp à 8h après avoir retrouvé mon guide à mi chemin pour un petit déjeuner copieux.
9h30, suite : 836 m positif et négatif !
Nous partons pour les sources chaudes. Tino nous prévient que le chemin est difficile et dangereux, il est dans la pente intérieure du cratère. La descente est périlleuse, nous mettrons deux heures pour y arriver. François ressent une grande fatigue musculaire.
Au bord des sources chaudes à 2000 m la saleté est partout : des poubelles à ciel ouvert.
Nous pourrons profiter de cette eau chaude pour nous délester de la couche de poussière, cette fine poussière de lave marron clair.
Un quart d'heure plus tard nous prendrons notre déjeuner au bord du lac, sans ombre avec les singes qui attendent les restes de fruits. Ils sont drôles et agiles. Temperature 48° car le GPS est resté en plein soleil.
Nous longeons le lac bleuté sur une bande étroite, inconfortable et attaquons la montée dans un pierrier où toutes les couleurs se côtoient : jaune, rose, noire, beige et marron rosé.
De là, nous découvrons un volcan au milieu du lac. Une cuillère géante l'a égueulé.
Somptueux !!
La pente est marquée, le chemin est bien visible. Arrivés à un replat indiqué par Tino, nous attendons au soleil. Comme c'est agréable et beau.
Le suite sera terrible. Le chemin étroit trouve une place dans la pente du cratère. La vue est époustouflante, mais elle ne doit pas nous détourner d'une vigilance accrue. Chaque pas est à peser, des grosses cordes de marins et des mains courantes apparaissent. Le vide est là ! Puis des échelles courtes et longues de plus de 15 barreaux. Nous grimpons dans du 3 sup et 4 sans assurance. François me dit que j'ai mangé du lion et deux gazelles, je monte sans peur et j'avale tout à ma grande surprise.
François qui a fait le sommet n'a pas besoin de dépenser de l'énergie à m'aider.
Nous avons perdu depuis bien longtemps les deux chinois. Tino soutiendra Wa toute la montée.
Nos porteurs me doublent, l'un des deux monte pieds nus, j'en reste ébahie !!
Quand nous débouchons sur le camp après une volée de 50 marches, il n'y a plus de place. Nous continuons sur 500 mètres. Je récupère nos affaires pour monter le camp. François tourne dans le premier camp sans nous voir et arrive fourbu et gelé. On monte la tente tant bien que mal car il y a de gros cailloux. Quand il veut gonfler son matelas, il n'a pas sa poche à air, la colère monte.
Pour la deuxième fois nous sommes les derniers à cause de Wa. La nuit va tomber, le vent est froid. Il est urgent de s'habiller et de s'abriter.
Finalement la poche est retrouvée, nous faisons notre nid. Je suis côté du vent qui ne cédera pas un pouce de la nuit, une des fiches s'arrache, c'est l'horreur. Nous touchons à peine au dîner tellement nous sommes fatigués.
Samedi 11 octobre.
1742 m négatif pour 9,5 km.
Réveillés à 6 h: Petit'D et rangement de notre matériel.
Départ à 7 h pour une très longue descente vers Senaru, l'autre entrée du parc du Rinjani.
Ce côté du volcan est herbeux sur le dessus puis on aperçoit la jungle. Le début est sur le mode dérapage, glissade sur la terre meuble. Je tomberai une fois, François aussi et plus.
Nous croisons beaucoup de marcheurs et porteurs pendant les trois premières heures car ils débutent leur rando.
La traversée de la jungle est sublime. Des racines parfois trompeuses, parfois agréables comme des escaliers ralentissent notre descente. De hautes marches font souffrir nos genoux. Partout des singes, on entend le chant des oiseaux et des insectes.
Heureusement qu'il y a quelques postes avec des abris pour nous garantir que nous sommes sur le chemin car nous ne rencontrons plus personne.
Un des porteurs va apparaître car il nous a entendus et nous conduira dans une clairière où le repas se prépare.
Lavage des mains, boire, boire !!
Nous sommes assoiffés ! Manger une clémentine est une gourmandise. Ils arriveront 25 mn plus tard, Tino nous donnera une boisson sucrée, bien appréciée.
Spaghetti bolognaise et fruits.
Un de nos jeunes porteurs s'amuse à faire fuir les singes trop téméraires avec une fronde.
C'est le moment de donner le pourboire au guide et aux porteurs. On a senti que Tino avait accusé le coup devant leur mesquinerie car il a passé son énergie à aider Wa, toujours impassible et impolie.
Il ne reste que 10 mn de marche pour sortir du parc, prendre quelques photos et retourner à la homestay en truck.
La roue arrière de mon vélo est crevée, comme nous, !!
Douche, double douche, vider nos sacs, manger un "gado gado" accompagné d'une bière !!
Un trek exceptionnel.





















































